Vents violents et grosse fatigue
Après ces multiples changements de plans de ces 2 derniers jours, je dois dire que ça ne s’est pas amélioré. Mais il me faut reconnaître que cet aspect de ma psychologie, ce F.OB.O, est parfois bien utile parce qu’à force de considérer de nombreuses alternatives pour mes sorties photos, je me retrouve avec un plan B, un C, un D, etc … dans le cas où les choses n’iraient pas dans mon sens.
Comme toujours, avant d’aller me coucher, je vérifie ce que la météo annonce pour le lendemain et, tout particulièrement, celle au lever du jour. Et autant un peu de pluie ne m’effraie pas trop, tant qu’il ne tombe pas des seaux, autant le vent, lui, me complique vraiment la vie. Et en regardant la météo, je découvre qu’il est annoncé des rafales entre 60 et 120km/h sur les endroits les plus exposés. J’avais déjà fait l’expérience de rafales à 60-70 km/h l’année précédente à l’endroit même auquel j’avais prévu de me rendre et, franchement, c’était loin d’être une sinécure. J’avais passé 1h30 assis dans l’herbe rase de la crête d’Organbidexka, pour offrir moins de prise au vent, à me geler le fondement, déclenchant dans les moments où le vent tombait un peu, sacrifiant la qualité d’image au profit de la vitesse d’obturation afin d’éliminer autant que possible le flou de bougé. Et malgré mes 3 épaisseurs de vêtements et mes gants, j’avais fini frigorifié. Je n’avais pas envie de réitérer ce genre d’expérience, même si le ciel que j’avais eu ce matin-là valait certainement ces quelques désagréments. Mais la météo du lendemain matin ne semblait pas indiquer que le ciel serait à la hauteur. J’avais donc une autre option moins exposée : aller à la source de la Bidouze, mais le mieux est que vous regardiez la vidéo qui suit.
C’est après avoir passé près d’une heure dans la grotte, à filmer et faire quelques photos, que j’ai réalisé que les 6 semaines de radiothérapie de l’été m’avaient mis à mal. J’étais vidé, malgré un copieux sandwich et m’être correctement réhydraté. Maintenant, le problème était qu’il fallait redescendre, et jusqu’à cette heure, je n’avais croisé âme qui vive. Je ne me sentais donc pas très en confiance, surtout avec les quelques passages pentus et glissants que vous avez pu voir dans la vidéo.
En redescendant, j’ai pu croisé 3 personnes qui montaient à la source, ce qui m’a quelque peu rassuré et, finalement, en prenant mon temps, je suis arrivé à ma voiture sans encombre. Mais au vu de mon état de fatigue, j’avoue ne pas avoir ressorti mon matériel. Et j’ai fini ma journée sur le canapé de la loc.
Après une courte nuit, et après avoir pris les informations météorologiques, je suis reparti en quête d’un lieu à photographier. J’avais jeté mon dévolu sur le col de Gamia. Je me disais qu’en étant à basse altitude, le vent annoncé serait plus supportable. Mais là encore, comme vous avez pu le constater, c’était loin d’être le cas. Je m’étais fixé de monter à Galharre, une crête situé au-dessus du col. En arrivant au sommet, j’étais intrigué par la présence d’autant de vautours. À défaut de faire du paysage, je me suis dit que je pourrais faire quelques photos de vautours. Ce n’est qu’en sortant de mon abri de fortune (je m’étais réfugié derrière une grosse pierre pour couper un peu le vent) que j’ai compris ce qu’ils faisaient là. Enfin, c’est surtout lorsqu’un tracto-pelle, chargé de carcasses, est arrivé. En fait, il y avait une aire de nourrissage à quelques centaines de mètres de l’endroit où je m’étais arrêté. Mais le vent et le froid ont eu raison de mon envie de photos, j’ai simplement fini la boucle que j’avais entamé et regagné mes quartiers à Ainhice-Mongelos.