Des vagues, des vagues… Et encore plus de vagues !

24 avril 2025

Je dois dire qu’en relisant les notes de mon voyage, je n’ai rien trouvé à cette date, je n’ai donc aucun souvenir marquant de ce jour à part les photos que j’ai faites dans la soirée. Je n’ai rien filmé non plus, je suppose donc que j’ai juste profité du retour du soleil et que je me suis simplement baladé sans appareil photo. En fait, en écrivant ces lignes, un souvenir vient de remonter à la surface : celui de photos faites au téléphone, sur une plage située au milieu de la ría de Ortigueira. En fouillant dans la galerie photos de mon portable, j’ai retrouvé ceci :

Et les grandes lignes de cette journée me sont revenues.

La veille, j’étais rentré de la Praia de Esteiro après la tombée de la nuit, avec l’intention d’y retourner. Le soleil, le vent, les embruns et les heures passées à photographier les vagues m’avaient épuisé. Je n’étais rentré que pour me coucher et, en me réveillant, j’avais tout un travail de tri à faire. Comme je vous l’ai déjà expliqué, quand il s’agit de vagues, je me retrouve toujours avec une quantité déraisonnable de photos, donc je taille à la hache dans cette profusion d’images dès que je peux. Si j’attends trop, la tâche paraît insurmontable, donc je fonce dans le tas avec des critères de sélection simples et objectifs : flous de bougés, mauvaises expositions, mauvais timings, etc … en bref, tout ce qui ne pourra être sauvé … Je recherche les “pigs”, en référence à une expression en anglais (américaine, je crois) : “You can put lipstick on a pig, it’s still a pig”, le seul équivalent français que j’ai pu trouver est : “On ne fait pas d’une chèvre un cheval de course (ou un mouton)”, si vous connaissez une expression avec la même idée, laissez-la moi en commentaire. Mais je digresse …

Après avoir passé plusieurs heures sur l’ordi à éliminer des photos, j’avais besoin de prendre l’air. J’ai réalisé que, bien que je sois depuis plusieurs jours au bord de la ría de Ortigueira, je n’avais pas mis les pieds une seule fois dans la ville du même nom, alors pourquoi ne pas aller y faire un tour. Il n’y a pas vraiment de patrimoine architectural à Ortigueira qui mériterait de s’y arrêter (que je sache), mais il y a toujours la côte à explorer. L’idée était de faire une balade et d’aller manger un morceau dans un des petits restaurants que l’on trouve sur le littoral, avant de retourner faire des photos à la Praia de Esteiro. Bon, comme j’allais le découvrir, les restaurants sur la côte ne sont pas encore ouverts en semaine aussi tôt dans la saison. J’avais repéré une grande plage à l’extrémité de la péninsule où est située la petite ville.

Praia de Morouzos, Ortigueira

Le centre ville d’Ortigueira ne m’a guère donné envie de m’arrêter, j’ai donc continué ma route directement jusqu’à la Praia de Morouzos. Après avoir longé la côte par l’ouest, j’arrive devant une grande pinède. Le vaste parking vide, situé à l’orée de celle-ci, me fait comprendre que le lieu doit être très fréquenté à la belle saison. Les tables de pique-nique disséminées dans le bois font surgir des images de familles attablées pour un déjeuner dominical, pendant la haute saison, à l’ombre des grands pins. Mais on est fin avril et, malgré le soleil, le vent qui agite doucement la cime des pins est glacial. Comme vous l’avez compris maintenant, la région sort d’une dizaine de jours de temps exécrable, et l’humidité est encore très présente. Il n’y a donc pas âme qui vive.

Après avoir traversé la pinède, le chemin se poursuit au milieu de petites dunes à la végétation rase, pour enfin arriver à la plage. La mer est calme. Le vent froid n’altère en rien mon plaisir d’être là, bien emmitouflé, dans cette lumière de printemps, tant attendue.

Au bout de quelques mètres, je regrette déjà de ne pas avoir amené mon appareil photo. J’ai une manie : je ne peux m’empêcher de rechercher des motifs abstraits ou des formes dans le sable, dès que je suis sur une plage (je ne dois pas être le seul). Et là, nul besoin de les chercher, il y en a tout le long de la plage. Je n’en avais jamais vu autant et, surtout, avec un tel aspect. J’ai donc pris le seul appareil photo que j’avais sur moi : mon téléphone, d’où la piètre qualité des images qui suivent. Il est certain que je n’en ferai pas des posters.

Au début, j’ai pensé que c’était dû à une quelconque forme de pollution, mais je pense que c’est simplement le sol sous le sable qui réapparait au gré des marées et des tourbillons qui se créent sur cette plage.

Après cette promenade en bord de mer, je suis rentré me restaurer et me préparer pour la session photos du soir.

En arrivant à Esteiro, le ciel était dégagé et les vagues étaient encore plus impressionnantes que la veille. J’avais appris beaucoup de choses lors de cette précédente session sur cette plage. Notamment qu’il valait mieux que j’oublie le multiplicateur parce que celui-ci augmentait de façon significative le flou de bougé et introduisait trop de diffraction à mon goût. Vous allez me dire : “Euh … C’est quoi la diffraction?” Afin d’éviter de vous noyer dans des explications trop techniques, disons simplement que la lumière se diffuse normalement en ligne droite mais, si on la fait passer par un orifice de petite taille, sa diffusion prendra la forme d’un cône. Chacun aura certainement pu observer ce phénomène par exemple en été : lorsque vous fermez les volets, les taches de lumières sur le mur opposé sont plus grandes et moins nettes que les trous dans le volet. On peut voir également les poussières en suspension dans l’air, prises dans le faisceau, former un cône. Le multiplicateur, en réduisant l’ouverture, adoucissait donc les images, créant un léger flou qui me contraignait à renforcer la netteté. Ce qui a malheureusement pour effet de dégrader la photo.

Donc pas de multiplicateur, et après avoir regardé mes photos de la veille, j’avais décidé de faire quelques menus ajustements : augmenter la vitesse, et donc pousser un peu plus les ISO (la perte de qualité reste acceptable et rattrapable en post-traitement, à condition de ne pas tomber dans l’excès), me rapprocher un peu plus, abaisser le trépied pour plus de stabilité et avoir un angle moins plongeant, etc … Et incorporer un peu plus l’environnement : les falaises et les oiseaux. J’avais repéré qu’une colonie de goëlands semblait apprécier la proximité des vagues et, si je voulais les avoir en vol, il faudrait encore monter la vitesse. Donc, comme la lumière me le permettait à mon arrivée sur la plage, j’ai commencé à des vitesses au-delà du 1/2000 s, augmentant les ISO à mesure que la lumière baissait jusqu’au moment où maintenir de telles vitesses devenait impossible, pour me concentrer davantage sur les vagues, et moins sur les oiseaux.

Ceci n’est évidemment qu’une rapide sélection. Quand j’aurai fini ce journal de voyage, je ferai une nouvelle sélection sur l’ensemble des photos et mettrai en place une galerie dédiée à cette petite aventure en Galice. Ce qui ne saurait trop tarder puisque la fin de ce voyage approche : le lendemain serait, en fait, ma dernière journée entière à Cariño.

Suivant
Suivant

Encore une fois, la météo n’est pas avec moi…